|
Retour

Les portes s'ouvrent pour Amélie
Karine Tremblay
Sherbrooke
L’oeil brun. Le cheveu lisse et long. La silhouette fine. L’air jeune. Amélie Veille s’amène avec un nouveau disque en bandoulière et l’envie franche de conquérir de nouveaux coeurs. Via la musique, s’entend. Ici comme en Europe où elle a déjà ses entrées.
Pour Un moment ma folie, son second gravé, l’auteure-compositrice-interprète a plongé au coeur d’elle-même et de ses interrogations sur la vie. Au centre du propos: l’amour. Pas tout le temps, mais souvent.
«Je pense que je me suis questionnée beaucoup! Je me suis demandé ce qu’on pouvait attendre de l’amour en 2006, alors qu’on est dans un monde de consommation extrême. Je trouve qu’on a une échelle de valeurs assez questionnable. Ceci dit, je ne voulais pas tomber dans des trucs lourds et pessimistes. Je souhaitais quelque chose d’introspectif en même temps que lumineux.»
Pari gagné.
«J’ai l’impression d’être dans une phase rayonnante, de vivre des moments vraiment riches. Il y a, devant moi, des portes qui s’ouvrent.»
Et lorsque les portes ne se dessinent pas devant elle comme elle le souhaiterait, Amélie Veille sait les faire apparaître. C’est comme ça que, avec son gérant, elle a créé sa propre étiquette de disque, VivaMusik. Question d’avoir toute latitude.
«Évidemment, je suis la première artiste signée de la compagnie, mais on veut la faire grandir. C’est beaucoup de boulot, mais ça permet de gérer nos projets avec une grande liberté et de vraiment choisir nos collaborateurs. Ainsi, on peut canaliser nos énergies dans la création.»
La création qui est pour elle un moteur et une nécessité, mais qui fut, pendant un temps, presque une corvée.
«Avant, je m’astreignais à écrire tous les jours, même si je n’en avais pas toujours envie. Aujourd’hui, je continue d’écrire beaucoup, mais j’explore aussi d’autres façons de créer, via la photographie et le dessin, entre autres. Je ne pense pas que ça fasse l’objet d’une expo un jour, mais ça me permet de me vider la tête, de garder ma curiosité en éveil.»
Dans la malle à projets, l’écriture éventuelle d’un ouvrage. Roman, essai, nouvelles ou biographie: Amélie Veille ne sait pas encore le genre littéraire qui fera glisser sa plume.
«Je vais voir. Ça va dépendre de beaucoup de choses. Ceci dit, tout ça, c’est pour plus tard. Je ne veux pas me disperser. Pour moi, maintenant, ce qui est important, c’est de me faire connaître comme auteure-compositrice.»
24 ans, deux disques, des avenues multiples
À 24 ans, Amélie Veille a déjà fait plusieurs pas dans le monde de la chanson. Et elle compte avancer encore beaucoup.
«J’ai encore plein de choses à acquérir et j’ai le temps de le faire. Par exemple, j’aimerais apprendre davantage les rouages du studio. Et puis peaufiner ma plume. Continuer d’évoluer. Gagner en confiance et en audace, aussi.»
Parce qu’Amélie Veille a beau être une habituée des foules et des planches, elle a quand même en elle un petit rempart de timidité.
«J’ai foi dans la vie, dans ce qui se passe. Je pense que lorsqu’on a un désir, qu’on y tient et que c’est bon pour nous, ça se réalise. Mais je suis une nature assez réservée. Et dans ce milieu, il faut s’affirmer, prendre sa place et jouer un peu du coude. Ça, pour moi, c’est moins naturel. Alors j’y travaille. Au quotidien. Chose certaine, je suis plus heureuse qu’avant dans le métier. J’ai plus de plaisir à composer et à chanter, on dirait que je goûte davantage le bonheur de tout ça.»
Outre les Francofolies, en juin, et quelques spectacles en Europe pendant l’été, Amélie Veille ne fera pas beaucoup de scène au cours des prochains mois. Ce n’est qu’à l’automne qu’elle devrait commencer à promener son spectacle tout neuf.
|