Vivre
le 11 juin 2007
Le soleil dans les yeux. Le vent sur la peau. L'amertume du café noir. Les éclats de rire. Les souvenirs. L'odeur de l'air après la pluie. Les baisers. La musique. Il y a tant de raisons d'aimer être en vie.
Le fait d'être prisonnier d'un corps n'est pas toujours une sinécure. Contraintes de temps, de distance. Maux de toutes sortes. On se heurte à la matière. On est enfermé dans son esprit, dans son langage, alors la communication avec ses proches pose une infinité de problèmes... Mais l'expérience du plaisir et des émotions, c'est assez extraordinaire. Je dis ça en rapport avec une discussion que j'ai eue dernièrement avec un ami. Un ami qui n'aime pas être ici. Il disait: " Toutes mes passions... elles ne sont pas terrestres".
Je me suis souvenue de mon adolescence, de mon désir incessant de fuir "vers le haut". Je me rappelle une douleur presque constante qui opprimait ma poitrine. À présent je bénis cette douleur parce que c'est elle qui m'a menée à l'écriture et à la musique.
Aujourd'hui, quelque chose en moi a changé. Je raffole de vivre. Tous ces livres merveilleux qui évoquent l'âme humaine, tous ces parfums qui chavirent le coeur, toutes ces rencontres qui changent la vie... Ces films qui donnent de l'espoir, ces paysages renversants... La sensation de l'eau sur la peau, et puis le chocolat ! Le bon vin ! Le sirop d'érable ! Ce sont tous de petits miracles qu'on ne peut pas expérimenter sans être ici-bas, dans la chair.
Tout ça n'empêche pas la douleur, bien entendu. Ni la peur, ni l'angoisse. Mais quand on prend vraiment conscience du corps et de ses grâces, après, on accepte mieux la souffrance, non ?
Je réfléchis à tout ça, et je réalise que, cette année, je suis porte-parole de la randoonée cycliste et pédestre pour la prévention du suicide dans Chaudière-Appalaches. C'est la conférence de presse demain matin. La joie de vivre est-elle contagieuse ? J'ose croire que oui.
Amélie xxx |